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Coron Wrecks in 3D

Dernière mise à jour : 6 mars

La mémoire engloutie : quand Holger Buss numérise les épaves de Coron Bay en 3D



Au large de l’île de Coron repose un musée silencieux. Dans les profondeurs de la baie, des dizaines d’épaves de la Seconde Guerre mondiale gisent sur le sable, figées dans le temps. Pendant longtemps, elles n’étaient accessibles qu’aux plongeurs assez chanceux — ou assez courageux — pour descendre les visiter.


Aujourd’hui, grâce au travail patient du plongeur et photogrammétriste allemand Holger Buss, ces navires engloutis peuvent être explorés autrement : en trois dimensions.

Son projet est à la fois scientifique, artistique et profondément poétique.





Model of the Akitsushima by Holger Buss


Une baie mythique pour les plongeurs


La Coron Bay est l’un des sites de plongée les plus célèbres au monde. Elle abrite une flotte d’épaves japonaises coulées en septembre 1944 lors d’une attaque aérienne américaine. Ces cargos, pétroliers et navires militaires reposent aujourd’hui entre 10 et 40 mètres de profondeur.

Parmi les plus célèbres :


  • Akitsushima

  • Okikawa Maru

  • Irako Maru

  • Kogyo Maru

  • Olympia Maru

  • Lusong Gunboat

  • Morazan


Avec le temps, ces structures métalliques se sont transformées en récifs artificiels spectaculaires, recouverts de coraux et habités par des bancs de poissons tropicaux.

Mais les épaves vieillissent, se fragilisent, et certaines parties disparaissent peu à peu.

C’est précisément là que la technologie entre en jeu.





Japanese sea plane tender Akitsushima





Scanner les épaves comme des monuments historiques


Lors d’une expédition en 2025, Holger Buss s’est donné une mission ambitieuse : Plonger et scanner en 3D les principales épaves de Coron.

Pour cela, il utilise une technique appelée photogrammétrie.

Le principe est simple en apparence :


  1. Le plongeur prend des milliers de photographies sous différents angles autour de l’épave.

  2. Les images sont ensuite assemblées par ordinateur.

  3. Un logiciel reconstruit un modèle 3D extrêmement précis du navire.


Le résultat est un jumeau numérique complet de l’épave, que l’on peut observer sous tous les angles, zoomer, mesurer ou même imprimer en 3D.

Chaque scan demande des heures de plongée… et des semaines de traitement informatique.`




3D Scan Akitsushima


Un travail difficile sous l’eau


Scanner une épave n’est pas aussi simple que photographier un bâtiment.

Sous l’eau, tout devient plus compliqué :


  • la visibilité peut changer en quelques minutes

  • la lumière disparaît rapidement avec la profondeur

  • les courants peuvent déplacer le plongeur

  • la saison des typhons rend les conditions imprévisibles


Lorsque Buss s’est rendu à Coron, c’était en pleine saison des tempêtes, avec pluie, vents et visibilité parfois très limitée.

Malgré cela, il a réussi à capturer les données nécessaires pour modéliser plusieurs des navires historiques de la baie.



Un exemple des réalisation de Holger Buss ici avec l'Akitsushima.


En voir plus ici







Quand l’archéologie rencontre la technologie


Les modèles obtenus ne sont pas seulement spectaculaires.

Ils ont aussi une véritable valeur scientifique.

Les scans 3D permettent notamment de :


  • documenter précisément l’état des épaves

  • suivre leur dégradation au fil du temps

  • étudier leur architecture

  • préserver une trace numérique si elles disparaissent


Les modèles peuvent également être utilisés dans des musées, des recherches archéologiques ou des reconstitutions historiques.

En 2026, plusieurs modèles d’épaves de Coron ont même été remis au musée national des Philippines pour intégrer sa collection permanente.



Une nouvelle manière de plonger


Mais au-delà de la science, il y a aussi l’émotion.

Grâce à ces modèles 3D, quelqu’un qui n’a jamais plongé peut désormais explorer virtuellement les cales d’un cargo de la Seconde Guerre mondiale, observer un canon rouillé ou suivre la silhouette d’un pétrolier couché sur le flanc.

C’est une autre façon de visiter ces lieux chargés d’histoire.

Une plongée numérique.



La beauté fragile des épaves


Il y a quelque chose de fascinant dans ces navires engloutis.

Ils sont à la fois :


  • des machines de guerre

  • des monuments historiques

  • des récifs vivants

  • et des sculptures façonnées par la mer.


Le travail de Holger Buss capture exactement cela : l’instant présent d’un patrimoine fragile.

Car les épaves continuent de changer.

Le métal s’effondre, les coraux grandissent, la mer transforme lentement tout ce qu’elle touche.

Grâce à ces scans, une partie de cette mémoire sous-marine est désormais préservée — non plus seulement au fond de l’océan, mais aussi dans le monde numérique.

 
 
 

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